Paul Bérenger : « L’absence d’un ministre des Finances à plein temps pénalise le pays »

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Lors d’une conférence de presse tenue lundi en fin d’après-midi à Ambrose, Rose-Hill, à l’issue du Bureau politique (BP) du MMM, Paul Bérenger a clarifié sa position concernant la proposition faite au Premier ministre, Navin Ramgoolam, au sujet du portefeuille des Finances. Le leader du MMM a indiqué qu’il ne quittera pas le gouvernement pour l’instant et a annoncé que le Comité central du parti se réunira à nouveau ce samedi afin d’examiner l’évolution de la situation.

Paul Bérenger a rappelé qu’il n’a jamais convoité le poste de ministre des Finances, tout en soulignant qu’il n’est pas sain pour le pays de ne pas disposer d’un ministre des Finances à plein temps, surtout dans un contexte économique difficile. « Je n’ai jamais été intéressé par le ministère des Finances. Mais dans les circonstances actuelles, par devoir envers le pays, il y avait une possibilité que j’accepte cette responsabilité », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que le Premier ministre s’était dit favorable à la nomination d’un ministre des Finances à plein exercice, tout en soulignant que le nombre de ministres est déjà fixé à 25 par la Constitution. « Contre ma volonté, je suis donc entré en jeu et me suis proposé. Cet après-midi, Navin Ramgoolam m’a informé qu’il conserve finalement le ministère des Finances », a-t-il indiqué. Une décision qu’il dit ne pas approuver, tout en rappelant que « c’est lui le Premier ministre ». Il a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité qu’un ministre soit exclusivement dédié aux Finances, compte tenu des enjeux majeurs auxquels le pays est confronté.

Paul Bérenger a par ailleurs réitéré qu’il a toujours recommandé la nomination d’un ministre des Finances à plein temps, évoquant notamment le nom de Reza Uteem. « Il y a, au sein du Parti travailliste, des personnes capables d’assumer cette responsabilité. Reza Uteem peut même faire plus que cela », a-t-il soutenu, qualifiant le ministre du Travail de « formidable ministre des Finances potentiel ».

Abordant les dossiers qui stagnent et suscitent son mécontentement, le leader du MMM est revenu sur les mêmes préoccupations exprimées il y a deux mois. Il a notamment cité la situation à Air Mauritius, la lutte contre la drogue, les problèmes au sein de la police et des prisons, ainsi que la corruption. « J’ai rencontré Navin Ramgoolam mercredi dernier et j’ai soulevé à nouveau ces points. J’ai clairement dit que je n’étais pas satisfait sur ces questions », a-t-il affirmé. Concernant la police, il s’est dit perplexe face à certaines déclarations du Commissaire de police, estimant qu’il est difficile de regagner la confiance de la population par de simples déclarations d’intention.

La question de la « bande des cinq » a également été évoquée. Paul Bérenger a réaffirmé son point de vue selon lequel un cercle restreint graviterait autour du bureau du Premier ministre, contribuant à des dysfonctionnements. Il a ajouté que le cumul des fonctions de Premier ministre et de ministre des Finances crée, selon lui, de nombreuses difficultés dans la gestion des affaires publiques.

Par ailleurs, Paul Bérenger a indiqué avoir reçu des assurances du chef du gouvernement sur deux dossiers majeurs d’intérêt national : la réforme électorale et la mise en place de la National Crime Agency. Ces questions devraient être abordées à la rentrée parlementaire. « Le Premier ministre m’a assuré qu’il souhaite finaliser les détails de la réforme électorale à la reprise des travaux parlementaires en mars prochain, et que le projet de loi pourrait être présenté au Parlement dans un délai de trois mois », a-t-il précisé.

D’autres sujets, tels que la Sunday Allowance et la Tourism Authority, ont également été discutés. « Nous avons avancé sur certains points, mais sur d’autres, le statu quo demeure. Mercredi dernier, j’ai exprimé très clairement mon insatisfaction quant à la manière dont les choses évoluent », a conclu le leader du MMM.